La communauté mondiale OpenStreetMap s’est réunie à Paris, nous y étions

Pour la première fois, fin août 2026, la France accueillait le State Of The Map Monde, la réunion annuelle de la communauté OpenStreetMap, dans les locaux de l’Ecole Géodata Paris, temple français de la géomatique. Comme plusieurs membres de Mapadour, LaNum Pays Basque était présente parmi les 535 participant⋅es venant de 45 pays.
Comment résumer les plus de 180 conférences, ateliers, démonstrations qui ont illustré ce qu’il est possible de faire avec les données OSM ?
Nous partageons les 5 faits qui nous ont le plus marqué pendant ces 3 jours.
1. Des acteurs industriels de la tech valorisent la communauté OSM
A une époque où plusieurs événements tech connaissent des difficultés, les SOTM sont soutenus chaque année par des entreprises comme Michelin, TomTom, esri, Thales, Capgemini démontrant l’intérêt de ces groupes.
Deux géants de la tech américaine Amazon et Fastly font des donations techniques pour permettre le téléchargement mensuel :
- de 394 Térabytes de données ;
- de 1,7 Pétabytes de fonds de carte ;
- des 1,6 milliard de requêtes sur le site web mondial.
En 2020, Accenture avait valorisé la base de données OSM à plus d’1,6 milliards de dollars.
2. Des organisations intègrent OSM dans leurs stratégies
L’IGN collabore avec la communauté OSM pour créer Panoramax, intègre ses données dans son application phare cartes.gouv.fr et institue une « démarche géocommuns ».
Des acteurs de la mobilité comme la SNCF, Ile-de-France Mobilité ou Géovélo (le Waze du vélo) déploient des services numériques grâce à leur contribution dans OpenStreetMap.
Digitaleo opère une plateforme de marketing local pour gérer la présence numérique de plus de 14 000 points de vente en France, est venue expliquer que la communauté OSM connaissait mieux leur territoire que ses clients et s’appuyait sur elle pour améliorer leur service.
3. L’engagement et les compétences de la communauté OSM
Cette confiance provient de la nature même de la communauté OSM. En France, elle a fait l’objet de deux études à 8 ans d’intervalle (2016 et 2024). Retenons qu’elle est composée à 81% d’hommes, en majorité très diplômés (76% bac+3 et plus) en informatique et en géomatique.
Déformation professionnelle sans doute, les contributeur⋅rices sont très précis⋅es et très engagé⋅es dans la qualité de leurs contributions, ils/elles prennent un soin important à le faire. Les discussions que nous avons eu avec les différent⋅es participant⋅es confirment cette impression.
4. Le modèle de gouvernance d’OSM garantit la souveraineté des données
Sébastien Soriano, directeur de l’IGN est intervenu pour défendre une vision de la souveraineté numérique basée sur la collaboration. Si un acteur public souhaite être souverain, il a deux choix possibles : soit tout contrôler, soit faire en sorte que personne ne contrôle tout (.
C’est ce modèle de gouvernance distribuée qu’il a plébiscitée et elle prend tout son sens à l’heure où le président Trump décide de débaptiser le lac Ontario en lac d’Amérique. Google suit dans la foulée tandis que la communauté OSM débat librement et cherche un consensus entre contributeur⋅rices.
Les IA submergent les services d’OSM
Grant Slater, Senior Site Reliability Engineer (SRE) de la Fondation OpenStreetMap, a réalisé une présentation très éclairante sur les dégâts réalisés par les sociétés éditrices de solutions d’IA pour les services ouverts et partageurs comme OSM.
Les robots d’indexation de ces sociétés collectent massivement les contenus OSM (site web, le wiki, les listes de diffusion) car ils sont gratuits et de qualité. Ils le font d’une manière particulièrement violente et de façon anonyme pour ne pas être filtrés. La Fondation Wikimédia en est aussi victime.
Concrètement, il en résulte une augmentation du trafic et une consommation énorme et continue sur les serveurs de la Fondation qui ne peuvent plus suivre la cadence et dégradent ses services. De plus, les IA favorisent la création de faux comptes OSM (400 par jours) pour augmenter artificiellement la visibilité de pages web commerciales ou produire du spam.
Pour aller plus loin
De très nombreux autres sujets ont été abordés pendant ces 3 jours, la plupart des interventions ont été filmées et diffusées sur la chaine Peertube d’OSM France. Bien qu’en langue anglaise, elles sont toute de même accessible grâce à l’option sous-titres traduits en français.
D’autres contributeur⋅rices ont produit des comptes-rendus du SOTM de Paris :
- Stéphane Branquart : State of the Map Monde 2026 : les Communs Numériques font la preuve de leur efficience
- Juminet : My State of the Map 2026
- Rphyrin : State of the Map 2026 (Day 1 – Part 1) – State of the Map 2026 (Day 1 – Part 2)
- samuel_geovelo : State of the Map Paris 2026: OpenStreetMap is scaling up
- Raquel Dezidério Souto : My participation in the State of the Map 2026 / Minha participação no State of the Map 2026
