ECOVANCE+ : un workshop pour se préparer à fédérer sur les territoires

Le 25 septembre 2026, les partenaires du projet ECOVANCE+, cofinancé par le programme Interreg POCTEFA, se sont retrouvés dans les locaux de MIK à Irun, pour préparer les « workshops » que chaque territoire va organiser pour rassembler les acteurs de la circularité, de l’insertion, de la création d’emploi, etc. MIK, responsable de ces temps d’idéation qui seront proposés en novembre sur les 4 territoires du projet, a présenté au consortium son outils d’inspiration qui sera mis à disposition lors des workshops territoriaux.

Au-delà de se rencontrer et prendre connaissance des ambitions d’ECOVANCE+, les workshops territoriaux doivent permettre de faire émerger des idées de projets ou de développement d’activités circulaires et les partager entre acteurs pour déterminer les axes à travailler : préciser l’activité, les compétences et les besoins ou défis prioritaires de l’idée.

Ce temps d’identification d’opportunité d’affaires dans les 4 nœuds sectoriels : textile, numérique, mobilier, artisanat, permettra ensuite de filtrer les idées générées et sélectionner celles qui présentent la plus grande viabilité technique, économique et sociale dans ces secteurs.

Arantxa Echarte, Chercheuse et enseignante en développement de nouvelles activités et innovations à l’Université de Mondragon, nous explique les enjeux de ce travail mené le 25 septembre par tous les partenaires de ECOVANCE+ 

LaNum : Pouvez-vous expliquer, de votre point de vue, ce que représente le projet ECOVANCE+ pour MIK et pour le territoire transfrontalier couvert par le projet ?

Pour MIK, ECOVANCE+ représente une opportunité de mettre nos capacités de recherche et d’innovation au service d’un défi très concret : comment transformer les opportunités générées par l’économie circulaire en nouvelles activités économiques et, à terme, en opportunités d’emploi inclusif.

La valeur du projet réside également dans sa dimension transfrontalière. ECOVANCE+ intervient sur un territoire qui englobe le Pays basque, la Navarre, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées, et rassemble des organisations dotées de savoir-faire et d’expériences très variés. Cela nous permet non seulement d’analyser l’économie circulaire sous un angle local, mais aussi d’identifier les défis, les ressources, les capacités et les opportunités qui peuvent être partagés et mis en relation de part et d’autre de la frontière. Le projet lui-même propose un écosystème d’innovation ouverte articulé autour de quatre domaines — le textile, le numérique, l’ameublement et l’artisanat — afin de favoriser cette coopération.

Pour nous, l’un des aspects les plus intéressants d’ECOVANCE+ réside précisément dans cette combinaison entre innovation, économie circulaire et inclusion. Nous ne cherchons pas à identifier des opportunités circulaires de manière abstraite, mais à comprendre lesquelles peuvent se transformer en activités viables et quelles capacités, quels acteurs et quelles conditions seraient nécessaires pour les développer et créer des emplois pour les personnes en situation de vulnérabilité. C’est, en définitive, l’impact territorial que nous voulons contribuer à construire.

LaNum : Quel est le rôle de MIK dans le projet ECOVANCE+ ? Pourquoi est-il important pour MIK de contribuer à ECOVANCE+ ?

MIK joue un rôle particulièrement important dans l’Action 5, consacrée à la mise en œuvre d’expérimentations et à la mise à l’échelle d’activités circulaires au sein des quatre pôles sectoriels du projet. Dans le cadre de cette action, nous travaillons à la création de l’Observatoire de l’innovation, dont l’objectif est d’identifier les opportunités d’activité et d’affaires liées à l’économie circulaire au sein de l’écosystème transfrontalier.

Au cours des premiers mois, nous avons collaboré avec les partenaires pour appliquer et adapter l’approche méthodologique de MIK au contexte de l’Observatoire, ainsi que pour définir conjointement les rôles et responsabilités, le calendrier des activités et les mécanismes de suivi. Nous avons également intégré les connaissances d’organisations telles que Sutargi et Koine concernant leurs modèles d’emploi, afin que l’identification des opportunités tienne compte dès le départ de la réalité des organisations qui travaillent avec des personnes en situation de vulnérabilité.

À partir de là, le travail a évolué, passant de la mise en œuvre de l’approche méthodologique à quelque chose de bien plus concret. Le diagramme de Gantt de l’Action 5 prévoyait, pour les six premiers mois, l’identification d’espaces d’opportunités, puis le développement du travail à travers des ateliers collaboratifs et des processus de mise en relation entre les opportunités et les acteurs de l’écosystème.

Dans ce contexte, MIK a progressé dans le développement de Road2Circ, un outil qui opérationnalise et structure les méthodologies de recherche et d’innovation que MIK utilisait déjà auparavant, en adaptant leur application au contexte et aux objectifs d’ECOVANCE+. Cet outil permet d’organiser, d’analyser et d’explorer les opportunités de circularité identifiées, et facilite leur validation auprès des acteurs de l’écosystème. Au cours du second semestre 2026, des ateliers territoriaux et sectoriels seront organisés afin de valider ces opportunités, de recueillir l’expertise des spécialistes et de continuer à affiner l’application de l’outil dans les différents contextes du projet.

Pour MIK, la participation à ECOVANCE+ revêt une importance particulière, car elle permet de transposer ses propres capacités et méthodologies de recherche et d’innovation dans un outil pratique adapté aux besoins du territoire, et de tester son application dans des contextes réels.

De plus, ECOVANCE+ offre l’opportunité de travailler directement avec des organisations françaises et espagnoles, en intégrant différentes perspectives territoriales et sectorielles et en générant des apprentissages partagés sur l’application de ces méthodologies. Ce processus permet à MIK de tester, d’affiner et d’adapter l’application de Road2Circ au sein du projet, ainsi que d’explorer son potentiel d’utilisation dans d’autres contextes, en s’appuyant sur les méthodologies, les capacités et les connaissances préalables développées par MIK.

LaNum : Le 25 septembre dernier, les partenaires du consortium ECOVANCE+ se sont réunis à Irun, dans les locaux de MIK, pour un atelier que vous avez animé. Pouvez-vous nous expliquer ce que vous avez fait tous ensemble au cours de cette journée ? Quels étaient les objectifs de cet atelier ?

L’atelier du 25 septembre a marqué une étape importante dans le processus, car il a permis de passer d’une phase axée sur le développement et la structuration de Road2Circ par MIK à une phase d’utilisation, de validation et d’apprentissage conjoint avec le consortium.

Au cours des mois précédents, MIK avait travaillé à l’application de son approche méthodologique à l’Observatoire, ainsi qu’à l’identification, à l’analyse et à la structuration des opportunités circulaires. L’atelier a permis de présenter à l’ensemble du consortium le résultat de ce travail, concrétisé par Road2Circ, et surtout, de commencer à utiliser l’outil de manière collaborative afin de vérifier son utilité dans les différents contextes du projet et de recueillir des retours d’expérience sur son application.

La session comportait quatre objectifs principaux. Premièrement, permettre à tous les partenaires de découvrir et de comprendre Road2Circ, son principe de fonctionnement et la manière dont les opportunités ont été organisées et structurées. Deuxièmement, leur permettre de tester l’outil selon leurs différentes perspectives territoriales et sectorielles, en identifiant les éléments qui fonctionnent correctement, les informations à intégrer et les améliorations possibles dans son utilisation. Troisièmement, recueillir ces retours d’expérience pour orienter les prochaines étapes et définir comment continuer à travailler sur les opportunités identifiées.

Le quatrième objectif consistait à préparer une phase particulièrement importante du processus : comprendre plus en profondeur les besoins, les défis, les capacités et les conditions spécifiques de chaque nœud et de chaque territoire. La prochaine étape ne consistera pas uniquement à valider les opportunités déjà identifiées, mais à les confronter aux réalités concrètes des différents territoires et secteurs du projet. À cette fin, une consultation sera menée au sein du consortium, combinant une perspective territoriale et sectorielle, en tirant parti des connaissances des partenaires sur leurs écosystèmes respectifs.

Ce travail permettra d’identifier les besoins prioritaires dans chaque nœud, les défis et les capacités qui caractérisent chaque territoire, les différences existantes entre les différents contextes, les obstacles ou les conditions susceptibles de faciliter ou d’entraver le développement de certaines opportunités, ainsi que les acteurs qui devraient participer aux phases ultérieures. Parallèlement, la pertinence des opportunités sera analysée à partir des quatre secteurs d’ECOVANCE+ — textile, numérique, mobilier et artisanat —, en intégrant les connaissances et l’expérience spécifique des partenaires.

Ce dernier aspect revêt une importance particulière. Road2Circ ne doit pas être considéré simplement comme un catalogue d’idées ou d’opportunités. Son rôle au sein de l’Observatoire est de faciliter un processus d’analyse progressif permettant de passer de l’identification initiale des opportunités à leur contextualisation territoriale et sectorielle, à leur hiérarchisation, puis à leur mise en relation avec les acteurs de l’écosystème.

Il sera ainsi possible de déterminer quelles opportunités répondent le mieux aux besoins, aux capacités et aux conditions de chaque territoire, lesquelles présentent le plus grand potentiel pour être explorées et développées, et quels acteurs peuvent contribuer à les faire progresser lors des phases suivantes d’ECOVANCE+.

Cette progression s’inscrit dans la logique de l’Action 5 : partir de l’identification et de la structuration des espaces d’opportunité pour évoluer ensuite vers leur mise en perspective territoriale et sectorielle, puis, dans une phase ultérieure, vers la mise en adéquation entre les opportunités et les acteurs par le biais d’ateliers collaboratifs.

LaNum : En résumé, comment s’est déroulée cette journée ? Qu’est-ce qui t’a le plus marqué lors de cette journée de travail du 25 septembre ?

Ce fut une journée très positive et, surtout, très utile. Après plusieurs mois passés à appliquer l’approche méthodologique de MIK, à collecter des informations et à structurer les opportunités, pouvoir présenter un outil concret au consortium et commencer à travailler avec celui-ci représente un changement important.

Le plus intéressant a peut-être été de constater à quel point une même opportunité peut être perçue différemment selon le territoire, le secteur ou le type d’organisation qui l’analyse. Cette diversité est précisément l’une des forces d’ECOVANCE+ : nous avons des organisations des deux côtés de la frontière qui possèdent des connaissances, des expériences et des relations avec les différents territoires.

Je soulignerais également que l’atelier a permis de valider Road2Circ en tant qu’outil de travail dont l’application peut continuer à être affinée et adaptée à partir des connaissances et des retours d’expérience fournis par les partenaires du consortium. Cette validation nous aide à améliorer son utilisation dans le cadre d’ECOVANCE+ et, surtout, à décider comment passer de l’identification des opportunités à leur hiérarchisation, à leur validation avec les acteurs du territoire et à leur transformation éventuelle en initiatives concrètes.

En ce sens, je pense que cette journée reflète très bien la philosophie d’ECOVANCE+ : identifier des opportunités conjointement, les confronter à différentes réalités territoriales et transformer ces connaissances partagées en possibilités concrètes d’innovation circulaire et d’inclusion.